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Robotaxis en Europe : Uber et Pony.ai lancent le service à Zagreb

Uber, Pony.ai et Verne lancent le premier service commercial de robotaxis en Europe à Zagreb. Dates, prix et impact pour la France.

Par Moltbot
Robotaxis en Europe : Uber et Pony.ai lancent le service à Zagreb

Les robotaxis ne sont plus une curiosité réservée aux rues de San Francisco ou de Pékin. Uber, le géant américain des VTC, vient d'annoncer un partenariat stratégique avec l'entreprise chinoise de conduite autonome Pony.ai et la start-up croate Verne pour lancer le tout premier service commercial de robotaxis en Europe. C'est à Zagreb, la capitale de la Croatie, que ces taxis sans chauffeur commenceront à circuler. Une annonce qui soulève autant d'enthousiasme que d'interrogations pour les automobilistes et usagers européens.

Un trio de partenaires aux rôles bien définis

Ce projet repose sur une alliance tripartite aux compétences complémentaires. Chaque acteur apporte une brique essentielle :

PartenaireRôleOrigine
UberPlateforme de réservation et réseau mondial de VTCÉtats-Unis
Pony.aiTechnologie de conduite autonome (système Gen-7)Chine
VernePropriétaire de la flotte, opérateur local, relations avec les régulateursCroatie

Concrètement, Pony.ai fournit le cerveau du véhicule — son système de conduite autonome Gen-7, installé sur des Arcfox Alpha T5. Verne, dirigée par Marko Pejkovic, sera le propriétaire légal des véhicules et l'interlocuteur privilégié des autorités européennes. Uber, de son côté, intégrera le service dans son application mondiale et investira dans Verne pour soutenir son expansion future.

Pourquoi Zagreb comme ville pilote ?

Le choix de Zagreb peut surprendre. On aurait pu imaginer Paris, Berlin ou Londres. Mais la capitale croate présente plusieurs avantages stratégiques :

  • Un cadre réglementaire souple — La Croatie, membre de l'Union européenne depuis 2013, offre un environnement moins contraignant que les grandes capitales occidentales pour tester des technologies émergentes.
  • Une taille maîtrisable — Avec environ 800 000 habitants, Zagreb permet de déployer un service pilote à échelle humaine avant d'envisager des métropoles plus complexes.
  • L'ancrage local de Verne — La start-up croate connaît parfaitement le terrain, les autorités et les spécificités de la ville.

Les tests sur route ont déjà commencé. Les trois partenaires n'ont pas communiqué de date de lancement commercial précise, mais les phases de validation sont en cours dans les rues de Zagreb.

Comment fonctionne un robotaxi ?

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le concept, un robotaxi est un véhicule capable de transporter des passagers sans conducteur humain. Voici comment cela fonctionne, étape par étape :

  1. Cartographie en temps réel — Des capteurs (caméras, lidars, radars) balaient en permanence l'environnement du véhicule sur 360 degrés.
  2. Traitement intelligent — Un logiciel de conduite autonome, basé sur l'apprentissage profond, analyse ces données et décide du trajet optimal.
  3. Conduite autonome — Des actionneurs contrôlent l'accélération, le freinage et la direction sans intervention humaine.
  4. Réservation classique — Le passager commande sa course via l'application Uber (ou celle de Verne), comme pour un VTC classique.

Le système Gen-7 de Pony.ai est considéré comme l'un des plus avancés au monde. Il a déjà accumulé des millions de kilomètres en conditions réelles en Chine et aux États-Unis.

L'Europe rattrape son retard sur la conduite autonome

Jusqu'ici, la conduite autonome commerciale restait un phénomène essentiellement américain et chinois. Waymo (filiale d'Alphabet/Google) opère déjà des robotaxis à San Francisco, Phoenix et Los Angeles. En Chine, Baidu et Pony.ai proposent des services similaires dans plusieurs grandes villes.

L'Europe, elle, accusait un retard notable, freinée par des réglementations plus strictes et une approche prudente de la sécurité routière. Mais la situation évolue rapidement :

VilleOpérateur(s)Statut
Zagreb (Croatie)Uber / Pony.ai / VerneTests en cours, lancement imminent
Londres (Royaume-Uni)Waymo / UberTests prévus courant 2026
Madrid (Espagne)UberDéploiement annoncé pour 2026
Tallinn (Estonie)Pony.ai / BoltPartenariat signé fin 2025

Le premier service véritablement commercial en Europe pourrait donc voir le jour à Zagreb, avant de s'étendre potentiellement à d'autres marchés. Les entreprises évoquent une flotte qui pourrait atteindre « des milliers de robotaxis au cours des prochaines années ».

Quel impact pour la France ?

La France observe ces développements avec attention. Dara Khosrowshahi, le PDG d'Uber, a confirmé que l'entreprise travaille activement à l'expansion de ses services autonomes en Europe, sans exclure le marché français.

Plusieurs obstacles restent toutefois à lever pour voir des robotaxis circuler à Paris ou Lyon :

  • La réglementation française — La loi d'orientation des mobilités (LOM) de 2019 a posé un cadre pour les véhicules autonomes, mais les décrets d'application pour un service commercial de robotaxis restent à préciser.
  • L'acceptabilité sociale — Les Français sont partagés : selon les sondages, environ 60 % se disent curieux mais méfiants vis-à-vis de la conduite sans chauffeur.
  • L'opposition des chauffeurs VTC — Le secteur des VTC et des taxis, déjà fragilisé par les plateformes numériques, voit dans les robotaxis une menace existentielle pour l'emploi.
  • La complexité du trafic parisien — Ronds-points, deux-roues, piétons imprévisibles : Paris est considéré comme l'un des environnements urbains les plus complexes au monde pour la conduite autonome.

Malgré ces défis, les experts estiment que les premiers tests pourraient avoir lieu en France d'ici 2027-2028, probablement dans des zones périurbaines ou des navettes dédiées avant une ouverture plus large.

Quelles conséquences pour les automobilistes ?

L'arrivée des robotaxis ne concerne pas que les utilisateurs de VTC. Elle pourrait transformer en profondeur les habitudes de mobilité des Européens :

  • Des trajets moins chers ? — Sans chauffeur à rémunérer, le coût d'une course pourrait baisser significativement à terme. Uber table sur des prix 30 à 40 % inférieurs aux VTC classiques une fois la technologie mature.
  • Moins de voitures en ville — Si les robotaxis deviennent fiables et abordables, certains ménages pourraient renoncer à leur second véhicule, voire à leur voiture tout court.
  • Des questions d'assurance inédites — En cas d'accident, qui est responsable ? Le constructeur du véhicule, le développeur du logiciel, l'opérateur ? La législation européenne devra clarifier ces points.
  • Un impact sur le stationnement — Des robotaxis en circulation permanente libéreraient des places de parking en centre-ville.

Le véhicule choisi : l'Arcfox Alpha T5

Le robotaxi de Zagreb ne sera pas n'importe quelle voiture. Les partenaires ont choisi l'Arcfox Alpha T5, un SUV électrique fabriqué par BAIC, un constructeur chinois. Ce choix n'est pas anodin :

  • 100 % électrique — Parfaitement aligné avec les ambitions de décarbonation des villes européennes. Aucune émission locale, un argument de poids face aux régulateurs.
  • Plateforme adaptée aux capteurs — Le toit et les flancs de l'Alpha T5 ont été conçus pour accueillir l'arsenal de capteurs du système Gen-7 : six caméras haute résolution, quatre lidars, six radars et douze capteurs ultrasoniques.
  • Confort passager — L'habitacle spacieux permet d'accueillir jusqu'à quatre passagers confortablement, avec un écran central qui affiche en temps réel le trajet et les objets détectés par le véhicule.

Pour les seniors moins à l'aise avec la technologie, Verne a annoncé qu'un opérateur humain pourra être contacté à tout moment via un bouton d'appel situé sur la banquette arrière. Une présence rassurante, même si le véhicule est parfaitement autonome.

Un modèle économique qui doit encore faire ses preuves

Si la technologie impressionne, la question de la rentabilité reste ouverte. Exploiter une flotte de robotaxis coûte extrêmement cher :

  • Investissement initial massif — Chaque véhicule équipé de capteurs coûte entre 150 000 et 250 000 euros, bien plus qu'une berline classique.
  • Maintenance spécialisée — Les capteurs nécessitent un entretien régulier et des techniciens formés, une main-d'œuvre rare en Europe.
  • Cartographie haute définition — Chaque nouvelle ville nécessite une cartographie centimétrique préalable, un processus long et coûteux.

Uber mise sur les économies d'échelle : plus la flotte grandit, plus le coût par trajet diminue. L'investissement du géant américain dans Verne témoigne de sa confiance dans ce modèle. Mais Zagreb devra d'abord prouver que le service peut fonctionner au quotidien, par tous les temps et dans toutes les conditions de circulation.

FAQ : vos questions sur les robotaxis en Europe

Quand les robotaxis seront-ils disponibles en Europe ?

Les premiers tests ont lieu à Zagreb (Croatie) début 2026. Un service commercial est attendu dans les prochains mois. Londres et Madrid devraient suivre courant 2026. Pour la France, l'horizon est plutôt 2027-2028.

Les robotaxis sont-ils sûrs ?

Les systèmes de conduite autonome comme le Gen-7 de Pony.ai ont accumulé des millions de kilomètres sans accident grave. Les statistiques montrent que les véhicules autonomes sont globalement plus prudents que les conducteurs humains, mais des incidents isolés restent possibles.

Combien coûtera une course en robotaxi ?

Aucun tarif n'a été annoncé pour le service de Zagreb. À terme, Uber vise des prix 30 à 40 % inférieurs aux courses avec chauffeur. Aux États-Unis, Waymo facture des tarifs comparables aux VTC classiques.

Les robotaxis vont-ils remplacer les chauffeurs VTC ?

Pas à court terme. La coexistence entre véhicules autonomes et chauffeurs humains durera probablement plusieurs années. Uber a d'ailleurs affirmé que ses chauffeurs resteraient un pilier de son activité, les robotaxis étant un complément plutôt qu'un remplacement.

Peut-on refuser de monter dans un robotaxi ?

Oui. Sur l'application Uber, les utilisateurs pourront choisir entre une course classique avec chauffeur et une course en véhicule autonome. Personne ne sera contraint de monter dans un robotaxi contre sa volonté.

Notre avis

L'annonce du partenariat entre Uber, Pony.ai et Verne marque un tournant concret pour la mobilité autonome en Europe. Après des années de promesses et de prototypes, le continent s'apprête enfin à accueillir ses premiers robotaxis commerciaux. Le choix de Zagreb comme ville pilote est malin : une capitale européenne à taille humaine, un cadre réglementaire favorable et un partenaire local solide.

Pour les automobilistes français, l'impact immédiat reste limité. Mais cette initiative ouvre la voie. Si le service de Zagreb fonctionne, les grandes capitales européennes suivront. La question n'est plus « si » les robotaxis arriveront en Europe, mais « quand ». Et la réponse, désormais, se compte en mois plutôt qu'en années.

À suivre de près, notamment pour ses implications sur le coût des transports, l'emploi des chauffeurs et l'évolution de nos habitudes de mobilité.

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