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Bonus-malus : combien d'années pour atteindre le bonus 50 ?

Bonus chaque année sans accident, malus de +25 % après un sinistre responsable : voici comment se calcule votre coefficient CRM en 2026, exemples chiffrés à l'appui.

Par La Rédaction
Bonus-malus assurance auto : calcul du coefficient en 2026

Une ligne sur votre relevé d'information décide chaque année d'une partie de votre prime : le coefficient de réduction-majoration, le fameux bonus-malus. Il récompense les années sans accroc et sanctionne les sinistres responsables, selon une mécanique fixée par le Code des assurances — identique chez tous les assureurs. Voici comment ce coefficient se calcule en 2026, combien d'années il faut pour décrocher le bonus maximal, ce qui le fait grimper, et les règles qui protègent votre capital de conducteur prudent.

Le bonus-malus, c'est quoi exactement ?

Le bonus-malus porte un nom officiel : le coefficient de réduction-majoration (CRM). C'est un multiplicateur appliqué à votre prime de référence. Au départ, quand vous signez votre premier contrat, il est fixé à 1,00 : vous payez le tarif plein, ni réduit ni majoré.

Ensuite, ce coefficient évolue chaque année selon votre comportement au volant. Une année sans sinistre responsable le fait baisser, c'est le bonus. Un accident dont vous êtes reconnu responsable le fait monter, c'est le malus. La règle est la même partout en France : elle est encadrée par le Code des assurances (annexe à l'article A121-1), si bien qu'un assureur ne peut pas inventer son propre barème.

Un point souvent mal compris : le coefficient suit le conducteur, pas la voiture. Quand vous changez de véhicule ou d'assureur, votre CRM vous accompagne. C'est tout l'intérêt du relevé d'information, ce document que votre assureur doit vous remettre et qui mentionne votre coefficient actuel ainsi que l'historique de vos sinistres sur les cinq dernières années.

Comment se calcule le coefficient chaque année

La mécanique tient en deux opérations simples.

  • Une année sans sinistre responsable : le coefficient est multiplié par 0,95, soit une réduction de 5 %.
  • Un sinistre responsable : le coefficient est multiplié par 1,25, soit une majoration de 25 %.
  • Un sinistre en responsabilité partagée (chacun pour moitié) : la majoration est divisée par deux, soit ×1,125 (+12,5 %).

Le résultat est arrondi par défaut à deux décimales. Exemple concret : un conducteur à 0,90 qui passe une année sans accident voit son coefficient calculé à 0,90 × 0,95 = 0,855, arrondi à 0,85.

Deux bornes encadrent ce calcul : le coefficient ne peut jamais descendre sous 0,50 (le « bonus 50 », soit 50 % de réduction) ni dépasser 3,50 (prime multipliée par 3,5). Ces deux plafonds n'ont pas bougé en 2026.

Attention à la période de référence : le bonus-malus se calcule sur les 12 mois consécutifs s'achevant deux mois avant l'échéance annuelle de votre contrat. Pour une échéance au 1er juin 2026, la période prise en compte court du 1er avril 2025 au 31 mars 2026. Un sinistre survenu juste après cette date ne sera donc répercuté qu'à l'échéance suivante.

Bonus : combien d'années pour atteindre 0,50 ?

C'est la question que tout le monde se pose. En partant de 1,00 et en multipliant par 0,95 chaque année sans accident, il faut 13 années consécutives pour toucher le plancher de 0,50. Voici la descente, année par année :

Année sans sinistreCoefficientRéduction de prime
Départ1,000 %
1 an0,95-5 %
2 ans0,90-10 %
3 ans0,85-15 %
5 ans0,76-24 %
8 ans0,64-36 %
10 ans0,57-43 %
13 ans0,50-50 %

Une fois à 0,50, vous y restez tant que vous ne déclarez aucun sinistre responsable : le coefficient ne descend pas plus bas. Concrètement, un conducteur qui paierait 800 € au tarif de base ne débourse plus que 400 € avec un bonus 50, à garanties égales.

À noter : un sinistre non responsable (vous êtes percuté à l'arrêt, par exemple) n'affecte pas votre coefficient. Seule la responsabilité engagée compte dans le calcul.

Malus : ce qui fait grimper le coefficient

À l'inverse, chaque accident responsable applique la majoration de 25 %. Et l'effet se cumule : deux sinistres dans l'année se multiplient l'un après l'autre. Le tableau ci-dessous part d'un coefficient neutre de 1,00.

Situation dans l'annéeCalculNouveau coefficient
1 sinistre responsable1,00 × 1,251,25
2 sinistres responsables1,00 × 1,25 × 1,251,56
3 sinistres responsables1,56 × 1,251,95
1 sinistre à responsabilité partagée1,00 × 1,1251,12

Le malus grimpe donc beaucoup plus vite que le bonus ne descend : un seul accident responsable efface en une fois l'équivalent de cinq années de conduite prudente. C'est la logique assurantielle assumée — le risque se paie cher, immédiatement.

Prenons un cas concret pour fixer les idées. Vous roulez depuis huit ans sans accroc : votre coefficient est descendu à 0,64. Survient un accident responsable. À l'échéance suivante, le calcul donne 0,64 × 1,25 = 0,80. Vous repassez d'un coup au niveau d'un conducteur ayant seulement quatre ans d'ancienneté. Il vous faudra ensuite plusieurs années de prudence pour retrouver votre 0,64 — d'où l'intérêt de réfléchir avant de déclarer un petit sinistre dont la réparation coûte à peine plus que la franchise.

Un conducteur très sinistré peut atteindre le plafond de 3,50. À ce stade, beaucoup d'assureurs refusent ou résilient le contrat. Si vous vous retrouvez sans solution, sachez qu'il existe des dispositifs dédiés : nous détaillons les recours dans notre guide sur l'assurance auto après résiliation par l'assureur.

Les règles qui protègent votre bonus

Le système prévoit plusieurs garde-fous, souvent ignorés des assurés.

La descente rapide. Après un malus, deux années consécutives sans sinistre responsable suffisent à ramener le coefficient à 1,00. Vous ne traînez donc pas votre majoration indéfiniment : la « remontée » vers un coefficient neutre est plus rapide que la lente conquête du bonus. Le bonus 50 protégé. Un conducteur qui détient un coefficient de 0,50 depuis au moins trois ans conserve son bonus malgré un premier sinistre responsable. Ce n'est qu'à un deuxième accident que le malus s'appliquerait. Une récompense pour la fidélité au volant prudent. La franchise n'est pas le bonus-malus. Beaucoup confondent les deux. La franchise est la somme qui reste à votre charge après un sinistre ; le bonus-malus, lui, modifie votre prime pour les années suivantes. Un accident peut donc vous coûter deux fois : la franchise sur le moment, puis le malus à l'échéance.

Enfin, sachez que certains sinistres restent sans incidence sur le CRM : le bris de glace, le vol, l'incendie ou les catastrophes naturelles ne sont pas considérés comme des accidents responsables et n'alourdissent pas votre coefficient.

Bonus-malus, jeune conducteur et changement d'assureur

Quand vous démarrez, vous partez à 1,00 — sans bonus, mais sans malus non plus. La surprime « jeune conducteur » qui gonfle la facture des premières années est un mécanisme distinct du bonus-malus : elle s'ajoute par-dessus et s'efface progressivement avec l'expérience. Pour comprendre comment limiter cette double peine, consultez notre guide sur l'assurance auto d'un jeune conducteur et comment réduire la surprime.

La conduite accompagnée accélère les choses : elle réduit la surprime initiale et permet d'aborder les premières années avec un risque jugé plus faible par l'assureur.

Côté changement d'assureur, votre coefficient vous suit grâce au relevé d'information. Changer de compagnie ne « remet pas à zéro » votre bonus — bonne nouvelle pour les bons conducteurs, mauvaise pour ceux qui espéraient effacer un malus. En revanche, faire jouer la concurrence reste l'un des leviers les plus efficaces pour payer moins cher à coefficient égal, surtout dans un contexte de hausse des tarifs. Nous avons détaillé les marges de manœuvre dans notre analyse de la hausse de l'assurance auto en 2026 et des moyens de réduire la facture.

FAQ

Comment calculer mon bonus-malus soi-même ?

Prenez votre coefficient actuel et multipliez-le par 0,95 pour chaque année sans sinistre responsable, ou par 1,25 pour chaque accident responsable. Arrondissez à deux décimales. Le résultat ne peut pas descendre sous 0,50 ni dépasser 3,50.

Combien de temps faut-il pour atteindre le bonus 50 ?

Il faut 13 années consécutives sans sinistre responsable en partant d'un coefficient de 1,00. Une fois à 0,50, vous bénéficiez de la réduction maximale de 50 % sur votre prime de référence.

Un accident responsable augmente mon assurance de combien ?

Un sinistre responsable applique un malus de 25 % : votre coefficient est multiplié par 1,25. En cas de responsabilité partagée, la majoration tombe à 12,5 % (×1,125). L'augmentation réelle de la prime dépend ensuite du tarif de base de votre assureur.

Le bonus-malus se perd-il en changeant d'assurance ?

Non. Le coefficient suit le conducteur, pas le contrat ni la voiture. Votre nouvel assureur récupère votre coefficient via le relevé d'information que votre ancienne compagnie doit vous fournir.

Un sinistre non responsable affecte-t-il mon coefficient ?

Non. Seuls les sinistres dont vous êtes reconnu responsable, totalement ou partiellement, modifient le bonus-malus. Un accident où votre responsabilité n'est pas engagée, comme le vol ou le bris de glace, n'a aucune incidence.

Au bout de combien de temps un malus disparaît-il ?

Deux années consécutives sans sinistre responsable ramènent le coefficient à 1,00, quel que soit le malus accumulé. C'est la règle dite de la descente rapide.