Un papillon glissé sous l'essuie-glace, et la journée commence mal. Le stationnement mal placé reste l'une des infractions les plus verbalisées en France — mais toutes ne se valent pas, loin de là. Entre le « gênant » à 35 €, le « très gênant » à 135 € et le stationnement « dangereux » qui vous retire trois points, la sanction se joue parfois à un mètre de trottoir. Beaucoup d'automobilistes croient qu'une place sur un passage piéton coûte le même prix qu'un débordement sur une zone de livraison : c'est faux, et l'écart peut atteindre 100 €. Voici, cas par cas, ce que vous risquez vraiment en 2026 — montant de l'amende, retrait de points, mise en fourrière — et comment contester quand le PV vous paraît injustifié.
Gênant, très gênant, dangereux, abusif : quatre infractions à ne pas confondre
Le Code de la route ne parle pas d'un « stationnement interdit » unique, mais de quatre familles d'infractions distinctes, chacune avec son article et sa sanction. Les confondre, c'est soit s'inquiéter pour rien, soit sous-estimer un vrai risque de points.
- Le stationnement gênant (article R417-10) vise les situations qui embarrassent la circulation sans la bloquer : véhicule garé devant une entrée carrossable (un « bateau »), sur un emplacement de livraison, à cheval sur deux places payantes, ou le long d'une ligne jaune continue. Amende de 35 €, sans retrait de points.
- Le stationnement très gênant (article R417-11) concerne ce qui pénalise directement les usagers vulnérables ou les transports : trottoirs, passages piétons, pistes cyclables, places réservées aux personnes handicapées, arrêts de bus, abords des bornes incendie. Amende de 135 €.
- Le stationnement dangereux (article R417-9) est le plus sévère : véhicule immobilisé à un endroit qui réduit la visibilité ou surprend les autres conducteurs (sortie de virage, sommet de côte, intersection, passage à niveau). Amende de 135 € et surtout retrait de 3 points.
- Le stationnement abusif (article R417-12) ne dépend pas de l'endroit mais de la durée : rester plus de sept jours au même point de la voie publique. Amende de 35 €, avec un risque de fourrière.
Retenez la logique : ce n'est pas la gêne ressentie par le voisin qui fixe le tarif, mais la catégorie juridique de l'emplacement. Un trottoir « juste pour deux minutes » relève du très gênant à 135 €, quand un débordement sur une zone de livraison reste à 35 €.
Le barème 2026 des amendes de stationnement
Voici le récapitulatif complet des montants applicables en 2026. Les amendes forfaitaires suivent le principe classique : un montant minoré si vous payez vite (généralement sous 15 jours, ou 30 jours en télépaiement), le montant forfaitaire ensuite, puis un montant majoré si vous laissez traîner au-delà de 45 jours.
| Infraction | Article | Amende minorée | Forfaitaire | Majorée | Retrait de points | Fourrière |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Stationnement gênant | R417-10 | 22 € | 35 € | 75 € | 0 | Possible |
| Stationnement abusif (+ 7 jours) | R417-12 | 22 € | 35 € | 75 € | 0 | Possible |
| Stationnement très gênant | R417-11 | 90 € | 135 € | 375 € | 0 | Possible |
| Stationnement dangereux | R417-9 | 90 € | 135 € | 375 € | 3 points | Possible |
Deux enseignements sautent aux yeux. D'abord, l'écart de simple à quadruple entre le gênant (35 €) et le très gênant/dangereux (135 €). Ensuite, une distinction cruciale que la plupart des automobilistes ignorent : seul le stationnement dangereux fait perdre des points. Le très gênant, malgré son amende identique de 135 €, ne touche pas votre capital de permis. Cette nuance change tout en cas de solde de points fragile — un point que détaille notre guide sur le barème du permis à points et la récupération des points perdus.
À noter : ces amendes relèvent du Code de la route et sont dressées par les forces de l'ordre. Elles n'ont rien à voir avec le forfait de post-stationnement (FPS), qui sanctionne un défaut de paiement du stationnement payant en voirie. Si votre horodateur n'était pas réglé, vous ne recevrez pas une « amende » mais un FPS, dont le fonctionnement et les recours sont expliqués dans notre article dédié au forfait post-stationnement (FPS), son prix et sa contestation.
Stationnement très gênant : les cas qui coûtent 135 €
C'est la catégorie qui piège le plus de conducteurs, parce qu'elle vise des réflexes du quotidien. L'article R417-11 liste précisément les emplacements concernés. Les plus fréquents :
- Sur un trottoir (hors zones expressément autorisées), même partiellement. Se garer « deux roues sur le trottoir » pour laisser passer les voitures reste une infraction à 135 €.
- Sur un passage piéton ou juste devant, y compris sur la bande d'approche.
- Sur une piste ou une bande cyclable, un couloir de bus ou une voie verte.
- Sur un emplacement réservé aux personnes handicapées sans carte mobilité inclusion (CMI) valide. C'est l'un des stationnements les plus surveillés.
- Aux abords d'une borne à incendie ou d'un dispositif de sécurité.
- Devant un arrêt de bus ou de tramway, où le véhicule empêche la desserte.
Un point important à intégrer : contrairement à une idée répandue, le stationnement très gênant n'entraîne aucun retrait de points. Vous payez 135 € (90 € en minoré, 375 € en majoré), mais votre permis n'est pas amputé. La perte de points est réservée au stationnement dangereux. Beaucoup de conducteurs paniquent inutilement en recevant un PV « trottoir », alors que d'autres sous-estiment un vrai stationnement dangereux, bien plus lourd de conséquences.
Le véhicule peut en revanche être enlevé et mis en fourrière, surtout s'il bloque un accès pour personnes à mobilité réduite ou un couloir de secours. Dans ce cas, s'ajoutent au PV les frais d'enlèvement et de garde journalière.
Stationnement dangereux : la seule infraction qui retire des points
Défini par l'article R417-9, le stationnement dangereux est le seul de la liste à entamer votre permis, avec un retrait de 3 points en plus des 135 € d'amende. La logique du texte est claire : il ne s'agit plus de gêner, mais de créer un risque d'accident.
Sont visés les véhicules stationnés à un endroit où ils masquent la visibilité ou surprennent les autres usagers : au sommet d'une côte, dans un virage sans visibilité, à proximité immédiate d'une intersection, d'un passage à niveau ou d'un virage serré. L'agent apprécie la dangerosité au cas par cas, ce qui rend cette qualification parfois discutable — et donc contestable si les circonstances ne la justifient pas.
En pratique, la différence entre « très gênant » et « dangereux » tient souvent à l'appréciation de l'agent verbalisateur. Une voiture sur un trottoir dégagé sera très gênante ; la même voiture masquant un passage piéton en sortie de virage peut basculer dans le dangereux. Si vous perdez ces 3 points et que votre solde devient critique, sachez qu'un stage de récupération permet de récupérer jusqu'à 4 points une fois par an.
Stationnement abusif : quand votre voiture peut partir à la fourrière
Le stationnement abusif obéit à une règle méconnue mais bien réelle. L'article R417-12 considère qu'un véhicule laissé plus de sept jours au même endroit sur la voie publique est en stationnement abusif. Peu importe qu'il soit correctement garé sur une place autorisée : c'est l'immobilité prolongée qui pose problème.
Le montant reste modeste — 35 € — mais la vraie sanction est ailleurs. Si le conducteur ou le titulaire de la carte grise est absent, ou refuse de déplacer le véhicule malgré l'injonction des agents, la mise en fourrière peut être prescrite. Or les frais de fourrière (enlèvement, garde par jour) dépassent très vite le prix de l'amende. Notre guide complet sur le tarif de la fourrière et les démarches pour récupérer son véhicule chiffre l'addition, souvent salée.
Deux précisions utiles. D'abord, une commune peut, par arrêté municipal, réduire ce délai de sept jours dans certaines rues (zones de nettoyage, marchés, travaux). Ensuite, le fait de simplement avancer la voiture de quelques mètres pour « remettre le compteur à zéro » est une parade connue des agents et ne suffit pas toujours à échapper à la qualification.
Contester une amende de stationnement : la marche à suivre
Une amende de stationnement peut être contestée, mais dans un cadre strict. Vous disposez d'un délai de 45 jours à compter de l'envoi de l'avis pour déposer une requête en exonération, par voie électronique sur le site de l'ANTAI ou par lettre recommandée. Payer l'amende vaut reconnaissance de l'infraction et ferme la porte à toute contestation : ne réglez donc pas si vous comptez contester.
Une contestation a des chances d'aboutir quand :
- La signalisation était absente, contradictoire ou masquée (panneau caché par la végétation, marquage effacé). Une photo datée du lieu est votre meilleur atout.
- Le PV comporte une erreur matérielle : plaque erronée, adresse inexacte, mauvaise qualification de l'infraction.
- Vous n'étiez pas le conducteur (véhicule vendu, volé, prêté). Il faut alors désigner le véritable auteur ou joindre les justificatifs.
- Un motif de force majeure peut être démontré (malaise, panne immobilisant le véhicule).
La méthode et les pièces à fournir sont proches de celles d'une contravention routière classique : nous les détaillons dans notre guide complet pour contester une amende. Un conseil transversal : soignez le dossier dès le départ, car une requête bâclée est rejetée, et l'amende repart alors au tarif majoré.
Gardez en tête que contester par principe une infraction manifeste (trottoir dégagé, place handicapé sans carte) fait perdre du temps et coûte le montant majoré en cas de rejet. La contestation est un droit, pas une martingale : réservez-la aux cas où la signalisation ou les faits sont réellement discutables.
FAQ
Le stationnement très gênant fait-il perdre des points ?
Non. Le stationnement très gênant (article R417-11) coûte 135 € mais n'entraîne aucun retrait de points. Seul le stationnement dangereux (article R417-9), également à 135 €, retire 3 points sur le permis.
Combien de temps puis-je laisser ma voiture garée au même endroit ?
Sur la voie publique, au-delà de sept jours consécutifs au même point, le stationnement devient abusif et expose à une amende de 35 € et à la fourrière. Une commune peut fixer un délai plus court par arrêté, notamment pour le nettoyage des rues.
Peut-on être verbalisé sans être présent dans la voiture ?
Oui. Le stationnement est une infraction qui se constate sur le véhicule à l'arrêt : l'agent n'a pas besoin de vous voir au volant. Le PV est établi au nom du titulaire de la carte grise, à charge pour lui de désigner un autre conducteur le cas échéant.
Quelle différence entre une amende de stationnement et un FPS ?
L'amende (35 ou 135 €) sanctionne une infraction au Code de la route dressée par les forces de l'ordre. Le forfait de post-stationnement (FPS) sanctionne, lui, un défaut de paiement du stationnement payant en voirie : c'est une redevance municipale, avec ses propres règles de recours.
Que faire si ma voiture a été mise en fourrière ?
Contactez le service de fourrière ou le commissariat local pour localiser le véhicule, puis présentez-vous avec une pièce d'identité, la carte grise et l'attestation d'assurance. Vous réglerez les frais d'enlèvement et de garde, en plus de l'amende éventuelle.
Se garer « cinq minutes » sur une place handicapé, est-ce vraiment verbalisable ?
Oui, immédiatement et sans tolérance de durée. Occuper une place réservée sans carte mobilité inclusion (CMI) constitue un stationnement très gênant à 135 €, avec risque de mise en fourrière. C'est l'un des emplacements les plus contrôlés.







