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Excès de vitesse 2026 : barème, retrait de points et amendes

Excès de vitesse 2026 : barème complet des amendes, retrait de points, immobilisation et recours après une infraction au code de la route en France.

Par JournalAuto
Excès de vitesse 2026 : barème, retrait de points et amendes

L'excès de vitesse reste, en 2026, l'infraction routière la plus fréquente en France : plus de 13 millions d'avis de contravention sont expédiés chaque année par le Centre national de traitement (CNT) de Rennes. Selon l'écart constaté avec la limite, la sanction varie d'une simple amende forfaitaire à la suspension immédiate du permis, en passant par un retrait de un à six points et l'obligation de stage. Ce guide détaille le barème en vigueur, les délais de paiement, les recours possibles et les pièges à éviter quand vous recevez l'avis.

Excès de vitesse en 2026 : ce que dit la loi

La vitesse en France est encadrée par les articles R413-14 à R413-19 du code de la route, complétés par le décret n°2018-487 du 15 juin 2018 qui a abaissé la limite de 90 à 80 km/h sur les routes secondaires (sauf rétablissement à 90 km/h dans les départements ayant fait jouer la dérogation). Tout dépassement de la vitesse maximale autorisée (VMA) constitue une infraction, classée en cinq catégories selon l'écart relevé.

La VMA appliquée dépend de plusieurs facteurs : type de route (autoroute, voie rapide, route hors agglomération, agglomération), conditions météo (50 km/h de moins par temps de pluie sur autoroute, 20 km/h de moins ailleurs), statut du conducteur (permis probatoire ou non), et présence de signalisation temporaire (zones de travaux notamment). Un conducteur novice circulant sous la pluie sur autoroute est ainsi limité à 100 km/h, contre 130 km/h pour un conducteur confirmé par temps sec.

La vitesse retenue par les forces de l'ordre est la vitesse mesurée corrigée, c'est-à-dire la vitesse mesurée moins une marge technique d'erreur : 5 km/h en dessous de 100 km/h, et 5 % au-dessus. Concrètement, un radar qui flashe à 95 km/h dans une zone limitée à 80 km/h retiendra une vitesse de 90 km/h, soit un excès de 10 km/h.

Barème complet des amendes pour excès de vitesse en 2026

Le barème national n'a pas évolué depuis 2017 : les montants restent ceux fixés par le code de la route, mais les majorations pour récidive en agglomération s'appliquent depuis 2020 et le repérage automatique des plaques étrangères s'est généralisé.

Excès constatéAmende forfaitaireAmende minoréePoints retirésSuspension
Moins de 20 km/h (hors agglo)68 €45 €1 pointNon
Moins de 20 km/h (en agglo)135 €90 €1 pointNon
20 à 30 km/h135 €90 €2 pointsNon
30 à 40 km/h135 €90 €3 pointsPossible 3 ans
40 à 50 km/h135 €90 €4 pointsPossible 3 ans
50 km/h et plus (1re fois)1 500 € (délit)6 points3 ans + saisie
50 km/h et plus (récidive)3 750 € + prison6 pointsAnnulation + confiscation

Trois délais conditionnent le montant définitif :

  • amende minorée : paiement dans les 15 jours après envoi de l'avis (30 jours en télépaiement) ;
  • amende forfaitaire : paiement entre le 16e et le 45e jour ;
  • amende majorée : passé 45 jours, le montant grimpe à 180 € pour la classe 4 et 375 € pour la classe 5, recouvrée par le Trésor public.

Le paiement immédiat n'éteint pas le retrait de points : il reconnaît l'infraction et déclenche la procédure auprès du Système national des permis de conduire (SNPC). Pour contester, il faut au contraire ne pas payer et déposer une requête en exonération dans les 45 jours, sous peine de paiement valant reconnaissance.

Retrait de points et permis de conduire

Le retrait de points intervient automatiquement après le paiement de l'amende ou la condamnation définitive par le tribunal. Le délai d'enregistrement varie en pratique de quelques jours à plusieurs mois, selon la charge des services. Tant que les points ne sont pas effectivement retirés au fichier national, le solde affiché sur Télépoints reste inchangé, mais l'infraction est déjà comptabilisée pour le calcul d'une éventuelle récidive.

Pour récupérer des points, deux mécanismes existent en parallèle :

  • récupération automatique : 1 point récupéré au bout de 6 mois sans nouvelle infraction (pour un excès inférieur à 20 km/h), 2 ou 3 ans pour les autres infractions, et reconstitution complète du capital après 3 ans sans aucun retrait ;
  • stage de récupération volontaire : un stage de récupération de points de deux jours permet de récupérer jusqu'à 4 points, dans la limite du capital initial (12 points pour un permis confirmé, 6 à 8 pour un permis probatoire).

Le permis probatoire impose une vigilance particulière : un excès de vitesse supérieur à 20 km/h coûte 2 points sur un capital initial de seulement 6 points (8 après l'année probatoire pour les conducteurs ayant suivi la conduite accompagnée). Trois infractions en cascade suffisent à invalider le permis et à imposer un nouveau passage du code et de la conduite.

Suspension, rétention et annulation du permis

Au-delà de l'amende et du retrait de points, l'excès de vitesse peut entraîner une suspension administrative ou judiciaire du permis. La suspension administrative est décidée par le préfet pour une durée maximale de six mois (un an en cas d'accident). La suspension judiciaire, prononcée par le tribunal, peut atteindre trois ans pour un grand excès et cinq ans en cas d'alcoolémie ou de stupéfiants associés.

La rétention immédiate du permis est possible dès 40 km/h au-dessus de la limite autorisée. Elle est obligatoire à partir de 50 km/h. Les forces de l'ordre conservent le permis pendant 72 heures, délai au cours duquel le préfet décide soit de la restitution, soit de la suspension administrative pouvant aller jusqu'à six mois.

Pour un grand excès de vitesse (50 km/h et plus), la sanction passe en délit et non plus en simple contravention : audience devant le tribunal correctionnel, casier judiciaire, peine complémentaire de confiscation du véhicule possible. La récidive dans les cinq ans aggrave significativement la peine, avec une obligation de confiscation et un risque réel d'emprisonnement ferme.

L'annulation du permis intervient automatiquement quand le solde de points tombe à zéro. Le conducteur est alors interdit de conduite pendant six mois (un an en cas de précédente annulation dans les cinq ans), avec obligation de repasser le code et la conduite. Pendant cette période, conduire sans permis constitue un délit puni de 4 500 € d'amende et 1 an de prison.

Comment contester une amende d'excès de vitesse ?

La contestation d'un avis de contravention obéit à un formalisme strict. Vous disposez de 45 jours à compter de l'envoi de l'avis pour déposer une requête en exonération auprès de l'Officier du ministère public (OMP), via le formulaire en ligne sur le site de l'ANTAI ou par courrier recommandé.

Quatre motifs principaux ouvrent droit à exonération :

  • vol ou usurpation du véhicule ou de la plaque, attestés par dépôt de plainte ;
  • vous n'étiez pas le conducteur au moment des faits : il faut alors désigner le conducteur réel (lui-même responsable) ou justifier de l'incapacité de le faire ;
  • vice de forme de l'avis : adresse erronée, photographie non exploitable, absence de date ou de lieu précis ;
  • défaut technique du radar : ce motif est très rarement retenu, l'homologation des appareils étant publiée chaque année.

La requête doit être accompagnée du formulaire de requête en exonération (formulaire 49) joint à l'avis, et de l'original ou de la photocopie du justificatif. La consignation de l'amende est obligatoire pour les contraventions de 4e classe et plus : sans cette consignation, la requête est classée sans suite. La somme est restituée si la contestation aboutit.

En cas de rejet par l'OMP, vous pouvez saisir le tribunal de police par lettre recommandée. La procédure peut durer de plusieurs mois à plus d'un an. Les avocats spécialisés facturent en moyenne 600 à 1 500 € pour défendre un dossier d'excès de vitesse, montant à comparer à l'amende et au coût d'un retrait de points (notamment quand la perte fait basculer le solde sous zéro).

Radars en France : types et tolérances

Le parc français compte plus de 4 600 radars en 2026, répartis en plusieurs familles. Comprendre leur fonctionnement permet d'adapter sa conduite et, en cas d'infraction, de mieux apprécier la régularité du contrôle.

Type de radarMode de mesureToléranceParticularité
Radar fixe classiqueEffet Doppler5 km/h ou 5 %Annoncé par panneau
Radar tronçonVitesse moyenne sur 2 à 10 km5 km/h ou 5 %Pas d'évitement possible
Radar feu rougeBoucle au solAucuneCombine vitesse et feu
Radar mobile embarquéLidar5 km/h ou 5 %Voiture banalisée
Radar autonome (chantier)Effet Doppler5 km/h ou 5 %Déplaçable, signalé
Radar pédagogiqueAffichage uniquementAucune sanction

Les radars tronçons restent les plus redoutés car ils mesurent une vitesse moyenne sur plusieurs kilomètres : impossible de freiner uniquement à l'approche du dispositif. À l'inverse, les radars pédagogiques affichent simplement votre vitesse sans verbaliser : ils servent surtout à sensibiliser. Les radars mobiles embarqués circulent désormais à bord de véhicules banalisés conduits par des sociétés privées sous contrat avec l'État ; ils contrôlent en roulant ou stationnés et n'ont aucune marge de tolérance supplémentaire par rapport aux radars fixes.

Conseils pour éviter les excès de vitesse

La meilleure parade contre les excès de vitesse reste l'anticipation. Quelques gestes simples permettent de respecter durablement les limitations sans transformer chaque trajet en parcours sous tension :

  • activer le limiteur de vitesse de votre véhicule, plutôt que le régulateur, en zones à forte variation de limitation ;
  • utiliser un GPS à jour avec base de données radars, qui rappelle les limitations à chaque changement de tronçon ;
  • respecter la marge de sécurité de 5 à 10 km/h sous la limite : un excès de moins de 5 km/h n'est pas verbalisé, mais cette tolérance ne dispense pas de la vigilance et ne s'applique pas à toutes les méthodes de contrôle ;
  • vérifier régulièrement la pression de vos pneus : un sous-gonflage allonge les distances de freinage. Une pression correcte contribue directement à la maîtrise de la vitesse en cas d'imprévu ;
  • anticiper les zones de travaux : les contrôles s'y sont multipliés depuis 2023, et la VMA est souvent abaissée à 70 ou 50 km/h sans avertissement long ;
  • partir avec une marge horaire confortable, pour ne pas céder à la tentation de rattraper le retard sur la route.

En cas de cumul d'infractions à risque (excès de vitesse + alcool + stupéfiants), les sanctions se durcissent considérablement, comme le rappelle la procédure spécifique applicable à l'alcool au volant. Si vous avez un doute sur votre état au moment de prendre la route, mieux vaut différer le départ ou confier les clés à un proche.

FAQ : vos questions sur les excès de vitesse en 2026

Quelle est la marge de tolérance d'un radar ?

La marge technique est fixée par arrêté ministériel : 5 km/h en valeur absolue pour les vitesses inférieures à 100 km/h, et 5 % au-delà. Cette marge est soustraite de la vitesse mesurée pour obtenir la vitesse retenue. Elle ne constitue pas une « zone de gratuité » mais une simple correction d'incertitude : rouler à 96 km/h dans une zone limitée à 90 km/h vous expose toujours à un flash, même si l'infraction sera classée en moins de 10 km/h après correction.

Combien de temps un radar conserve-t-il une preuve ?

Les données radar (photo, vitesse, lieu, horodatage) sont conservées pendant cinq ans par le Centre national de traitement de Rennes, puis archivées et anonymisées. Vous pouvez demander à consulter votre photo via le site de l'ANTAI dans les 30 jours suivant la réception de l'avis, sans pouvoir la télécharger. Cette photo sert de preuve principale en cas de contestation, notamment pour identifier qui conduisait.

Que se passe-t-il si je conduis avec un permis suspendu ?

Conduire avec un permis suspendu constitue un délit puni de 4 500 € d'amende, deux ans de prison et la confiscation possible du véhicule. Dans les faits, la peine prononcée pour une première fois est généralement une amende ferme et la prolongation de la suspension. La récidive entraîne presque automatiquement une peine d'emprisonnement, même avec sursis, et inscription au bulletin n°2 du casier judiciaire.

Un passager peut-il être poursuivi pour avoir incité au dépassement ?

Pas directement. La responsabilité pénale de l'infraction repose sur le conducteur. En revanche, si un passager fournit de faux renseignements pour disculper le conducteur (en se déclarant lui-même fautif par exemple), il peut être poursuivi pour escroquerie au jugement ou complicité d'usage de faux, peines pouvant aller jusqu'à 3 ans de prison et 45 000 € d'amende.

Un excès de vitesse peut-il faire augmenter mon assurance ?

Oui. Toute infraction donnant lieu à un retrait de points est susceptible d'être communiquée à votre assureur lors du renouvellement annuel, via le relevé d'information. Les majorations vont de 5 à 25 % selon la gravité, avec un maximum réglementé à 100 % pour les délits routiers. Un grand excès de vitesse peut également entraîner une résiliation pour aggravation du risque, suivie d'une inscription au fichier AGIRA.

Les amendes étrangères sont-elles applicables en France ?

Oui depuis 2015 : la directive européenne sur l'échange transfrontalier d'informations permet aux États membres de notifier directement les infractions aux conducteurs résidant dans un autre pays de l'Union. Une amende reçue depuis l'Italie, l'Espagne ou les Pays-Bas reste due, et le non-paiement peut être recouvré par voie d'huissier en France. La réciproque est également vraie pour les forfaits de stationnement et les amendes routières françaises envoyées à l'étranger.

Ce qu'il faut retenir des excès de vitesse en 2026

L'excès de vitesse reste, en 2026, l'infraction la plus banalisée mais aussi la plus coûteuse à terme. Entre l'amende immédiate, le retrait de points, la majoration d'assurance et le coût d'un éventuel stage de récupération, la facture peut dépasser 500 € pour un simple dépassement de 30 km/h en agglomération. Les conducteurs avertis savent désormais que la tolérance technique des radars n'autorise aucune liberté supplémentaire, et qu'un grand excès peut basculer en délit avec confiscation du véhicule. Garder une marge sous la VMA, anticiper les zones de contrôle et payer dans les 15 jours en cas d'erreur reconnue restent les trois réflexes les plus efficaces pour préserver à la fois son budget et son permis.

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