Chaque automne, les jours raccourcissent, le brouillard s'installe au petit matin et les erreurs d'éclairage se multiplient. Mal utiliser ses feux, c'est à la fois se mettre en danger et risquer 135 € d'amende : feux de route oubliés qui éblouissent, feux de brouillard arrière laissés allumés sous la pluie, ou feux de croisement qu'on néglige d'activer à la tombée de la nuit. Les règles sont pourtant simples une fois qu'on les a en tête. Voici, situation par situation, quels feux allumer, quand les éteindre, et ce que vous risquez vraiment si vous vous trompez.
Feux de croisement, de route, de brouillard : à chacun son rôle
Une voiture dispose de plusieurs jeux de feux, et chacun répond à une situation précise. Les confondre, c'est la source de la plupart des infractions et des accidents de nuit.
- Feux de croisement (ou « codes ») : l'éclairage de base dès qu'il fait sombre. Ils éclairent la route sur environ 30 mètres sans éblouir les autres.
- Feux de route (ou « plein phares ») : un faisceau long portée, jusqu'à 100 mètres, réservé aux routes non éclairées et sans autre usager en vue.
- Feux de brouillard avant : un faisceau large et rasant qui « colle » à la route pour percer le brouillard, la forte pluie ou la neige.
- Feux de brouillard arrière : une lumière rouge très intense destinée à vous signaler dans un brouillard dense — et uniquement dans ce cas.
- Feux de position (veilleuses) : ils servent à être vu à l'arrêt ou en complément, jamais à éclairer la route en roulant.
- Feux de jour (DRL) : des diodes allumées en permanence le jour, dont on reparle plus bas car ils piègent beaucoup de conducteurs.
Le bon réflexe tient en une phrase : on allume le feu adapté à la visibilité du moment, et on l'éteint dès que la situation change.
Feux de croisement : votre éclairage par défaut
Les feux de croisement sont la règle dès que la lumière du jour devient insuffisante. Concrètement : la nuit bien sûr, mais aussi au crépuscule, à l'aube, dans un tunnel, sous une pluie soutenue ou par temps couvert. Le Code de la route impose un véhicule visible et correctement éclairé « de nuit, ou de jour lorsque la visibilité est insuffisante ».
Rouler de nuit sans feux de croisement, ou avec une ampoule grillée dans des conditions dangereuses, constitue une contravention de 4ᵉ classe à 135 €, à laquelle un retrait de points peut s'ajouter selon l'infraction retenue. Au-delà du risque d'amende, c'est surtout votre sécurité qui est en jeu : une voiture mal éclairée est repérée beaucoup trop tard par les autres.
Pensez aussi à l'entretien. Une ampoule qui faiblit ou un phare mal réglé réduit votre champ de vision sans que vous vous en rendiez compte. Si vous devez intervenir, consultez notre guide pour remplacer une ampoule de phare et comprendre le prix des optiques LED avant de prendre la route de nuit.
Feux de route : puissants, mais vite hors-la-loi
Les feux de route transforment la conduite nocturne sur petite route : la portée double, les obstacles apparaissent de loin. Mais leur puissance est aussi leur piège. Vous devez les éteindre immédiatement dans trois cas :
- quand vous croisez un autre véhicule ;
- quand vous suivez une voiture (vous éblouiriez le conducteur par ses rétroviseurs) ;
- en agglomération éclairée et dans les tunnels.
Laisser ses pleins phares allumés face à un autre usager est une faute classique, sanctionnée comme contravention de 4ᵉ classe. L'éblouissement provoque une « cécité » de plusieurs secondes chez celui d'en face — largement de quoi rater un virage ou un piéton. Par brouillard, les feux de route sont contre-productifs : la lumière se réfléchit sur les gouttelettes et forme un mur blanc. On passe alors en feux de croisement, voire en feux de brouillard.
Feux de brouillard : la règle que presque tout le monde ignore
C'est ici que se concentrent les erreurs. Il faut distinguer l'avant et l'arrière, car la loi ne les traite pas de la même façon.
Les feux de brouillard avant sont autorisés dès que la visibilité baisse : brouillard, bien sûr, mais aussi forte pluie ou chute de neige. Ils complètent les feux de croisement en éclairant le bas-côté et le marquage au sol.
Les feux de brouillard arrière, eux, obéissent à une règle stricte. L'article R416-7 du Code de la route ne les autorise qu'en cas de brouillard ou de chute de neige. Sous la pluie, même battante, ils sont interdits : leur intensité éblouit le conducteur qui vous suit et masque vos feux stop. C'est l'erreur la plus répandue et la plus verbalisée. Une utilisation inadaptée des feux de brouillard est passible d'une amende de 4ᵉ classe (135 €) ; bonne nouvelle, cette infraction précise n'entraîne pas de retrait de points.
Le bon réflexe : dès que le brouillard se lève ou que la neige s'arrête, on coupe les feux de brouillard arrière. Beaucoup de conducteurs les oublient allumés pendant des kilomètres, au grand dam de ceux qui roulent derrière. Par faible visibilité, pensez aussi à augmenter la distance de sécurité que vous laissez avec le véhicule qui précède : c'est votre meilleure marge de manœuvre quand on ne voit pas loin.
Feux de jour (DRL) : pratiques, mais ils ne suffisent pas la nuit
Depuis 2011, toutes les voitures neuves sont équipées de feux de jour, ces diodes qui s'allument automatiquement au démarrage. Leur but : rendre le véhicule plus visible le jour. Le piège, c'est qu'ils donnent l'illusion d'être éclairé alors qu'ils n'activent ni les feux arrière, ni l'éclairage de la plaque.
Résultat : au crépuscule ou dans un tunnel, une voiture roulant uniquement en feux de jour est quasiment invisible de l'arrière. Beaucoup de conducteurs, trompés par leur tableau de bord éclairé en permanence, oublient de passer en feux de croisement. Si un voyant d'éclairage clignote ou reste allumé, ne l'ignorez pas : notre article sur la signification des voyants du tableau de bord vous aide à réagir au bon moment.
La parade est simple : dès que la luminosité baisse, basculez manuellement sur les feux de croisement, ou utilisez la position « AUTO » si votre voiture en dispose — à condition de vérifier qu'elle enclenche bien l'éclairage complet et pas seulement les DRL.
Quels feux dans quelle situation : le tableau récap
Pour y voir clair, voici les situations les plus courantes et l'éclairage adapté.
| Situation | Feux à utiliser | À éviter |
|---|---|---|
| Nuit, route non éclairée, personne en vue | Feux de route | Rester en codes par confort |
| Nuit, on croise ou suit un véhicule | Feux de croisement | Garder les pleins phares |
| Agglomération éclairée de nuit | Feux de croisement | Feux de route |
| Tunnel | Feux de croisement (obligatoires) | Feux de route, feux de jour seuls |
| Brouillard dense | Croisement + brouillard avant (+ arrière) | Feux de route |
| Forte pluie | Feux de croisement (+ brouillard avant) | Feux de brouillard arrière |
| Pluie fine, jour couvert | Feux de croisement | Rouler en feux de jour seuls |
Une règle d'or résume l'ensemble : si vous allumez un feu puissant (route ou brouillard), demandez-vous aussitôt à quel moment vous devrez l'éteindre.
Ce que vous risquez : amendes et points
La plupart des infractions liées à l'éclairage relèvent de la contravention de 4ᵉ classe. Le montant varie selon le délai de paiement.
| Montant | Quand |
|---|---|
| 90 € (amende minorée) | Paiement sous 15 jours |
| 135 € (amende forfaitaire) | Paiement sous 45 jours |
| 375 € (amende majorée) | Au-delà de 45 jours |
| Jusqu'à 750 € | En cas de passage devant le tribunal |
Le retrait de points dépend de l'infraction exacte. L'usage abusif des feux de brouillard n'entraîne pas de perte de points. En revanche, circuler de nuit sans l'éclairage réglementaire, dans des conditions qui mettent les autres en danger, peut s'accompagner d'un retrait selon la qualification retenue par les forces de l'ordre. À cela s'ajoute un risque d'immobilisation du véhicule si un feu essentiel ne fonctionne plus.
Au-delà de la sanction, un éclairage défaillant pèse aussi au contrôle technique : un feu grillé, un phare cassé ou un réglage incorrect figure parmi les points vérifiés, et peut déboucher sur une contre-visite. Vérifier ses feux fait d'ailleurs partie des gestes de base, au même titre que de contrôler les équipements obligatoires à bord et les amendes associées avant un long trajet. Un tour de voiture de trente secondes, feux allumés, suffit à repérer une ampoule morte avant qu'un gendarme ne le fasse à votre place.
FAQ
Quand faut-il allumer ses feux de croisement ?
Dès que la lumière du jour devient insuffisante : la nuit, au crépuscule, à l'aube, dans un tunnel, par forte pluie, brouillard ou temps très couvert. En cas de doute, mieux vaut les allumer trop tôt que trop tard.
Peut-on utiliser les feux de brouillard arrière sous la pluie ?
Non. L'article R416-7 du Code de la route ne les autorise qu'en cas de brouillard ou de chute de neige. Sous la pluie, ils éblouissent le conducteur qui vous suit : leur usage inadapté est passible d'une amende de 135 €.
Les feux de jour suffisent-ils la nuit ?
Non. Les feux de jour (DRL) n'allument ni les feux arrière ni l'éclairage de plaque. De nuit ou dans un tunnel, votre voiture serait presque invisible de l'arrière. Il faut impérativement passer en feux de croisement.
Quelle amende pour une mauvaise utilisation des feux ?
Il s'agit d'une contravention de 4ᵉ classe : 90 € en cas de paiement rapide (sous 15 jours), 135 € en montant forfaitaire, et jusqu'à 375 € si l'amende est majorée. Certaines infractions d'éclairage peuvent aussi entraîner un retrait de points.
Que faire face à une voiture qui roule en plein phares ?
N'allumez pas vos propres feux de route en représailles, vous aggraveriez l'éblouissement des deux côtés. Ralentissez, regardez le bord droit de la chaussée pour garder votre trajectoire, et attendez que le véhicule soit passé pour relever les yeux.
Mon ampoule est grillée, puis-je quand même rouler ?
Si c'est un feu essentiel (croisement, stop, clignotant) et qu'il fait nuit ou mauvais, non : vous êtes en infraction et en danger. Remplacez l'ampoule dès que possible ; en attendant, limitez vos déplacements aux conditions de bonne visibilité.







