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Le contrôle technique va changer : voici ce qui vous attend

L'Europe prépare une refonte majeure du contrôle technique automobile. Batteries des véhicules électriques, mesures de pollution renforcées, vérification des aides à la conduite... Tour d'horizon des changements qui arrivent.

Par JournalAuto
Le contrôle technique va changer : voici ce qui vous attend

Le contrôle technique automobile s'apprête à connaître sa plus grande transformation depuis des années. La Commission et le Conseil européens viennent de s'accorder sur une série de propositions qui vont profondément modifier cette inspection périodique obligatoire. Batteries, pollution, aides à la conduite : rien n'échappe à cette révision ambitieuse.

Des mesures antipollution beaucoup plus strictes

C'est peut-être le changement le plus impactant pour les automobilistes. Les contrôles des émissions à l'échappement vont devenir nettement plus sévères. Exit la simple mesure d'opacité, jugée "obsolète" par la Commission européenne. Place à des contrôles ciblés des oxydes d'azote (NOx) et des particules fines.

"Les méthodes de contrôle actuelles ne sont pas adaptées aux véhicules et technologies plus récents", explique la Commission. Concrètement, les centres de contrôle technique devront s'équiper d'appareils dédiés capables de mesurer le nombre de particules émises. L'objectif ? Détecter les filtres à particules défectueux ou manipulés, ainsi que les systèmes de réduction des NOx en mauvais état.

Le Conseil européen approuve cette réforme, estimant qu'elle "devrait constituer une avancée majeure dans l'efficacité des contrôles réguliers des émissions". Pour les propriétaires de véhicules diesels ou essence récents, mieux vaut donc s'assurer que le système antipollution fonctionne correctement.

Les voitures électriques enfin contrôlées spécifiquement

En France, les véhicules 100% électriques ne représentaient qu'environ 1% des contrôles techniques effectués en 2025. Mais avec l'essor du marché et l'interdiction des thermiques neufs prévue en 2035 dans l'UE, leur part va mécaniquement exploser. Problème : il n'existe actuellement aucune règle harmonisée pour contrôler leurs composants haute tension.

"Les États membres ont élaboré des protocoles de contrôle différents", déplore la Commission européenne. La nouvelle réglementation prévoit donc des contrôles visuels obligatoires de plusieurs éléments : batterie, câbles, prise de recharge... Ces vérifications seront complétées par des mesures électriques et des tests de bon fonctionnement. Les inspecteurs devront bien sûr être formés en conséquence.

Les hybrides, qui représentaient déjà 4,3% des CT en France l'an dernier contre 2,9% en 2024, seront également concernés par ces nouveaux protocoles. Si vous envisagez l'achat d'un véhicule électrifié, c'est un élément à prendre en compte pour l'entretien futur.

Les aides à la conduite dans le viseur

Freinage d'urgence autonome, aide au maintien dans la voie, régulateur adaptatif... Ces technologies sont désormais obligatoires sur les véhicules neufs en Europe. Mais comment s'assurer qu'elles fonctionnent correctement au fil des années ? C'est tout le défi que devra relever le contrôle technique.

La Commission européenne insiste : "Ces nouveaux systèmes électroniques devraient être inclus dans les contrôles périodiques." Elle reconnaît toutefois que le paquet de mesures actuel "n'est pas adapté aux technologies les plus récentes". Selon les experts du secteur, l'établissement d'un protocole de contrôle pour les ADAS sera complexe et demandera du temps.

Les cas de freinages fantômes, où le véhicule freine sans raison apparente, illustrent bien les risques liés à un dysfonctionnement de ces systèmes. Un contrôle régulier permettrait théoriquement de les détecter avant qu'ils ne causent un accident.

Rappels de sécurité : gare à la contre-visite

Depuis le 1er janvier 2026, la présence d'un airbag Takata défectueux à bord d'un véhicule soumis à un rappel "stop drive" entraîne une défaillance critique au contrôle technique. Interdiction de circuler dès minuit le soir-même, avec contre-visite obligatoire. Ce principe va être étendu à d'autres rappels de sécurité majeurs.

Le Conseil européen souhaite créer un lien systématique entre les campagnes de rappel et le contrôle technique. Si un défaut représente "un risque grave pour la sécurité ou la santé", il sera classé comme défaillance majeure ou critique. Un problème de freinage non corrigé lors d'un rappel pourrait donc vous bloquer au CT. En revanche, un souci d'autoradio ne donnera pas lieu à contre-visite.

Vers une harmonisation européenne

Au-delà des contrôles techniques eux-mêmes, c'est toute la validité et le partage d'informations entre États membres qui vont évoluer. Le certificat de contrôle technique sera numérisé et intégrable à un portefeuille d'identité numérique (version papier disponible sur demande). Un certificat provisoire émis dans un autre pays européen permettra de circuler six mois avant de passer le CT local.

Autre mesure attendue : la création de fichiers kilométriques partagés entre pays européens. Alimentés par les garages et les centres de CT, ils permettront de lutter contre la fraude au compteur trafiqué, particulièrement répandue lors de l'achat de véhicules d'occasion à l'étranger.

Ce qui ne changera pas (pour l'instant)

Bonne nouvelle pour les propriétaires de véhicules anciens : le Conseil européen a retoqué la proposition de rendre le contrôle technique annuel obligatoire pour les voitures de plus de 10 ans. Le rythme bisannuel sera maintenu pour les modèles récents. Par ailleurs, les ministres européens demandent un délai de trois ans entre la validation définitive des mesures et leur entrée en vigueur.

Le texte doit maintenant faire l'objet de discussions entre le Conseil et le Parlement européens. Les automobilistes ont donc encore un peu de temps devant eux avant de devoir s'adapter à ces nouvelles exigences.

Crédit image : © BMW Media

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