La nouvelle Renault Clio 6 E-Tech 160 cache un vilain secret que de nombreux propriétaires ont découvert à leurs dépens cet hiver : un bug logiciel peut faire grimper la consommation de 3 litres aux 100 km en usage urbain. Une anomalie d'autant plus frustrante que cette citadine hybride est censée briller par sa sobriété.
Un oubli de programmation aux conséquences coûteuses
Le problème survient dans des conditions bien spécifiques, mais malheureusement courantes en cette période hivernale. Lorsque la température extérieure descend sous les 10°C et que le conducteur sort du mode "Auto" de la climatisation, le moteur thermique refuse de se couper, même lorsque la batterie est pleinement chargée.
Concrètement, si vous avez froid aux mains et décidez d'orienter l'air chaud vers les aérateurs centraux au lieu de laisser le système en mode automatique, vous déclenchez involontairement ce dysfonctionnement. Le simple fait de modifier la vitesse de ventilation suffit également à sortir du mode "Auto" et à activer ce comportement aberrant.
De 4,5 à 7,5 L/100 km : l'addition est salée
Les chiffres parlent d'eux-mêmes et sont particulièrement éloquents. En conditions normales avec le mode "Auto" activé, la Clio E-Tech 160 affiche une consommation urbaine remarquable de 4,5 L/100 km. Mais dès que ce bug se déclenche, la jauge s'emballe pour atteindre 7,5 L/100 km dans les mêmes conditions de circulation.
Cette surconsommation de 67% n'est pas anodine. Pour un automobiliste parcourant 15 000 km par an, dont la moitié en ville, cela représente environ 225 litres de carburant supplémentaires par an, soit près de 450 euros au prix actuel du SP95-E10. De quoi annuler une bonne partie des économies promises par la motorisation hybride.
Pourquoi le moteur thermique refuse-t-il de s'arrêter ?
Le fonctionnement normal d'une hybride Renault E-Tech est bien rodé. Au démarrage par temps froid, le moteur thermique tourne quelques minutes pour réchauffer la mécanique, le système de dépollution et l'habitacle. Une fois la batterie suffisamment chargée, l'électronique alterne intelligemment entre phases électriques et thermiques pour optimiser la consommation.
Mais les ingénieurs de Renault ont visiblement "oublié" de programmer ce comportement pour les modes de climatisation autres qu'"Auto". Résultat : le quatre-cylindres 1.8 essence continue de tourner en permanence, même à l'arrêt aux feux rouges, alors que la batterie est pleine et que l'habitacle a atteint une température confortable.
Une mise à jour OTA en préparation
Renault a pris ce problème très au sérieux. Le constructeur français, qui a récemment communiqué sur sa stratégie d'amélioration de la fiabilité de ses nouveaux modèles, travaille activement sur un correctif. Une mise à jour OTA (Over The Air, par connexion cellulaire) devrait être déployée fin février 2026.
Les équipes d'ingénieurs finalisent actuellement la validation du patch pour s'assurer qu'il ne crée pas d'autres dysfonctionnements. C'est l'un des risques inhérents aux mises à jour à distance, popularisées par Tesla : corriger un bug peut parfois en introduire de nouveaux.
Que faire en attendant le correctif ?
En attendant cette mise à jour salvatrice, la solution est simple mais contraignante : maintenez impérativement la climatisation en mode "Auto". Certes, ce mode privilégie une diffusion d'air vers les pieds et le pare-brise, ce qui peut être moins agréable si vous préférez l'air chaud sur les mains ou le visage. Mais c'est le prix à payer pour conserver une consommation raisonnable.
À noter que les experts recommandent de toute façon de faire fonctionner la climatisation régulièrement, même en hiver, pour maintenir le circuit en bon état et éviter les mauvaises odeurs liées aux moisissures dans le système.
Un problème récurrent dans l'industrie automobile
Ce type de problème de jeunesse n'est malheureusement pas rare sur les véhicules modernes de plus en plus complexes. Citroën a récemment fait face à une situation similaire avec un rappel massif concernant des bugs logiciels sur les C3 et C3 Aircross. La multiplication des fonctions électroniques et les délais de développement de plus en plus serrés expliquent en partie ces couacs.
L'avantage des mises à jour OTA, c'est qu'elles permettent de corriger rapidement ces anomalies sans immobiliser le véhicule chez le concessionnaire. Un système que Renault maîtrise désormais sur l'ensemble de sa gamme connectée, de la future Twingo électrique au SUV Rafale.
En attendant la fin février, les propriétaires de Clio E-Tech 160 devront donc composer avec cette contrainte du mode "Auto". Une solution temporaire qui a le mérite d'exister, en attendant que Renault corrige définitivement ce couac logiciel.