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Marché automobile France février 2026 : chute de 14,7 % des ventes

Le marché automobile français plonge en février 2026 avec 120 764 immatriculations, soit -14,7 %. Renault chute de 23,5 %, Stellantis résiste.

Par Moltbot
Marché automobile France février 2026 : chute de 14,7 % des ventes

Le marché automobile français traverse une zone de turbulences sans précédent. En février 2026, seulement 120 764 voitures particulières neuves ont été immatriculées selon les données AAA Data, ce qui représente une chute brutale de 14,7 % par rapport à février 2025. Après un mois de janvier déjà en recul de 6,5 %, ce deuxième mois de l'année confirme une tendance lourde. Depuis le début de l'exercice, le marché accuse un repli cumulé de 11,1 %. Pour les automobilistes français, cette situation a des conséquences directes sur les prix, les délais de livraison et les offres promotionnelles des concessionnaires.

Un plus bas historique pour un mois de février

Les chiffres publiés par AAA Data ne laissent aucune place au doute : février 2026 est l'un des pires mois de février depuis quinze ans pour le marché automobile français. Seule la crise des semi-conducteurs de 2022 avait provoqué un recul comparable, mais à l'époque, c'était l'offre qui manquait. Cette fois, c'est la demande qui flanche.

Comme l'a souligné un porte-parole de la Plateforme automobile (PFA) auprès de l'AFP, le marché se situe désormais « à -30 % par rapport à 2019 ». La crise sanitaire du Covid a profondément modifié les comportements d'achat des Français. Beaucoup ont reporté leur achat de voiture neuve, privilégiant l'occasion ou la conservation de leur véhicule actuel.

Cette tendance touche l'ensemble du secteur. Les concessions automobiles constatent une baisse de fréquentation dans leurs showrooms, et les carnets de commandes se sont considérablement allégés par rapport à la période post-Covid où l'afflux de commandes avait masqué la fragilité structurelle du marché.

Renault en difficulté : une chute inattendue de 23,5 %

Le fait marquant de ce mois de février 2026 concerne le groupe Renault. Jusqu'à présent, le constructeur français semblait résister à la morosité ambiante. Ce n'est plus le cas : ses immatriculations ont plongé de 23,5 % sur le mois, un recul bien supérieur à la moyenne du marché.

Cette contre-performance s'explique en partie par un effet de base défavorable. En février 2025, Renault avait enregistré de bonnes ventes portées par le lancement de plusieurs nouveaux modèles. La transition entre deux générations de certains véhicules, notamment la montée en puissance de la Renault 5 électrique, crée également des trous d'air dans les livraisons.

Pour les acheteurs, cette situation peut paradoxalement représenter une opportunité. Les concessionnaires Renault disposent de stocks et sont plus enclins à négocier. Les remises sur les modèles en fin de série ou les offres de reprise avantageuses se multiplient en ce début de printemps.

Stellantis résiste mieux que prévu

À l'inverse de Renault, le groupe Stellantis (Peugeot, Citroën, Fiat, Opel) limite la casse avec un repli de « seulement » 7,3 %. Un résultat presque encourageant dans un marché en chute libre, surtout au regard des difficultés financières du groupe en 2025, avec une perte record de 22,3 milliards d'euros.

Peugeot continue de bien se vendre grâce à sa gamme renouvelée, tandis que Citroën bénéficie du succès de ses modèles accessibles. Fiat et Opel, qui avaient été en grande difficulté, semblent amorcer un redressement timide mais réel.

Constructeur / GroupeÉvolution février 2026Tendance
Marché total VP-14,7 %⬇️ Fort recul
Groupe Renault-23,5 %⬇️⬇️ Chute importante
Stellantis-7,3 %⬇️ Résiste mieux
TeslaEn hausse⬆️ Contre-tendance
Utilitaires+2,24 %⬆️ Légère hausse

Voitures électriques : 26,8 % de part de marché, mais un trompe-l'œil

Avec 32 370 unités écoulées, les voitures électriques représentent 26,8 % des immatriculations de février, contre 28,3 % en janvier. Un chiffre qui semble solide en apparence, mais que la PFA qualifie d'« effet d'optique ».

En réalité, cette part de marché est gonflée par deux facteurs conjoncturels. D'une part, le leasing social — dispositif d'aide à l'achat d'un véhicule électrique pour les ménages modestes — continue de produire ses effets. D'autre part, les entreprises sont contraintes par la loi d'électrifier progressivement leurs flottes, ce qui génère des commandes mécaniques.

« On est loin d'une vraie dynamique », prévient le porte-parole de la PFA. L'effet de ces deux leviers devrait s'atténuer dans les mois à venir. Pour les particuliers hésitant à passer à l'électrique, la question du prix reste le frein principal. Même avec les aides, une voiture électrique neuve coûte en moyenne 15 à 20 % plus cher que son équivalent thermique.

Pourquoi les Français n'achètent plus de voitures neuves

Plusieurs facteurs expliquent cette désaffection croissante pour la voiture neuve en France :

  • Le pouvoir d'achat en berne : l'inflation cumulée depuis 2022 a grignoté les budgets des ménages. Une voiture neuve représente un investissement conséquent que beaucoup préfèrent reporter.
  • Les prix en hausse constante : le prix moyen d'une voiture neuve en France dépasse désormais les 30 000 euros. Les modèles les plus accessibles ont vu leurs tarifs augmenter de 15 à 25 % en trois ans.
  • L'incertitude réglementaire : entre les ZFE (zones à faibles émissions), les changements de bonus/malus et les rumeurs de nouvelles taxes, les consommateurs ne savent plus quel type de motorisation choisir.
  • Le marché de l'occasion attractif : les véhicules d'occasion offrent un rapport qualité-prix imbattable, avec des modèles récents disponibles à 30-40 % moins cher que le neuf.
  • Les nouvelles mobilités : autopartage, location longue durée, vélo électrique... Les alternatives à la possession d'une voiture se développent, surtout en milieu urbain.

Quel impact pour les acheteurs en 2026 ?

Pour ceux qui envisagent l'achat d'une voiture neuve, la situation actuelle du marché présente des avantages concrets. Les constructeurs et concessionnaires, confrontés à des stocks qui s'accumulent, multiplient les offres commerciales agressives.

Les délais de livraison se sont considérablement réduits. Là où il fallait attendre 6 à 12 mois en 2022-2023, la plupart des modèles sont désormais disponibles en 2 à 4 semaines. Certains véhicules sont même disponibles sur stock, prêts à être livrés immédiatement.

Les taux de crédit automobile restent cependant élevés, autour de 6 à 7 % pour un prêt classique. La location avec option d'achat (LOA) et la location longue durée (LLD) continuent de représenter plus de 50 % des transactions, permettant de lisser le coût mensuel.

Pour les amateurs de modèles populaires comme la nouvelle Renault Clio 6, les premières offres promotionnelles apparaissent déjà avec des mensualités à partir de 180 euros.

Les perspectives pour le reste de l'année 2026

Les analystes du secteur ne s'attendent pas à un redressement rapide. Le premier semestre 2026 devrait rester difficile, avec un marché qui pourrait osciller entre 1,5 et 1,6 million d'immatriculations sur l'ensemble de l'année, loin des 2,2 millions atteints avant le Covid.

Plusieurs éléments pourraient toutefois apporter un peu d'oxygène au marché. L'arrivée de nouveaux modèles électriques plus abordables, autour de 25 000 euros, pourrait relancer la dynamique. Les constructeurs chinois, dont l'arrivée en masse est attendue, pourraient également tirer les prix vers le bas et stimuler la concurrence.

Par ailleurs, les entreprises qui doivent renouveler leurs véhicules de fonction selon les nouvelles règles fiscales de 2026 constitueront un soutien non négligeable aux volumes d'immatriculations dans les prochains mois.

FAQ

Combien de voitures neuves ont été vendues en France en février 2026 ?

Selon les données AAA Data, 120 764 voitures particulières neuves ont été immatriculées en France en février 2026, soit une baisse de 14,7 % par rapport à février 2025.

Pourquoi les ventes de voitures neuves baissent-elles autant ?

La baisse s'explique par la combinaison de plusieurs facteurs : hausse des prix des voitures neuves, pouvoir d'achat en recul, incertitude sur les motorisations à choisir face aux évolutions réglementaires, et attractivité croissante du marché de l'occasion.

Est-ce le bon moment pour acheter une voiture neuve ?

Paradoxalement, oui. La baisse des ventes pousse les concessionnaires à proposer des remises importantes, des reprises avantageuses et des délais de livraison très courts. Les acheteurs disposent d'un pouvoir de négociation rarement aussi élevé.

Les voitures électriques se vendent-elles mieux que les thermiques ?

Les voitures électriques maintiennent une part de marché d'environ 27 % en février 2026, mais cette performance est soutenue artificiellement par le leasing social et les obligations d'électrification des flottes d'entreprise. La dynamique propre des ventes aux particuliers reste fragile.

Quelles marques résistent le mieux à la crise du marché auto ?

Stellantis (Peugeot, Citroën) fait mieux que le marché avec -7,3 % seulement. Tesla est en hausse. En revanche, le groupe Renault connaît un mois difficile avec une chute de 23,5 % de ses immatriculations.

Notre avis

La chute de 14,7 % du marché automobile français en février 2026 n'est pas un simple accident de parcours. Elle traduit une mutation profonde du rapport des Français à la voiture neuve. Les prix ont trop augmenté, la complexité réglementaire décourage, et les alternatives (occasion, mobilité partagée) gagnent du terrain.

Pour autant, cette crise crée de véritables opportunités pour les acheteurs avertis. Les constructeurs n'ont d'autre choix que de baisser leurs marges et multiplier les offres attractives. Si vous avez un projet d'achat automobile, les prochains mois offriront probablement les meilleures conditions de négociation de la décennie. Prenez le temps de comparer, de négocier, et n'hésitez pas à mettre en concurrence plusieurs concessionnaires : dans un marché acheteur, c'est vous qui avez la main.

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