Stellantis relance le diesel BlueHDi en 2026 : tous les modèles, prix et conséquences pour les automobilistes
Coup de théâtre dans l'industrie automobile : Stellantis fait marche arrière sur le tout-électrique et réintroduit ses moteurs diesel BlueHDi sur une quinzaine de modèles, dont les Peugeot 308, Citroën C4 et Opel Astra. Après avoir progressivement retiré le gazole de ses catalogues entre 2022 et 2024, le groupe franco-italo-américain dirigé par Antonio Filosa assume un virage stratégique à contre-courant. Pour les automobilistes français, notamment les gros rouleurs et les familles, cette décision pourrait représenter une vraie bouffée d'air face à des prix de l'électrique toujours élevés. Décryptage complet d'un retournement qui redessine le marché.
Pourquoi Stellantis fait revenir le diesel BlueHDi en 2026
La décision de Stellantis ne sort pas de nulle part. Depuis le départ de Carlos Tavares fin 2024, le nouveau patron Antonio Filosa a profondément revu la stratégie du groupe. Le constat est simple : l'électrique progresse, mais pas assez vite. En Europe, les véhicules 100 % électriques ne représentaient que 19,5 % des immatriculations en 2025, selon l'ACEA. Loin des prévisions initiales qui tablaient sur 25 à 30 %.
Parallèlement, Stellantis a enregistré 22 milliards d'euros de charges exceptionnelles, entraînant une chute de 25 % du titre en Bourse. Le groupe a besoin de vendre des voitures rentables, et le diesel reste une motorisation maîtrisée, peu coûteuse à produire et demandée par une partie de la clientèle.
L'assouplissement par la Commission européenne des conditions d'interdiction des moteurs thermiques en 2035 a également ouvert une brèche. Stellantis s'y engouffre en assumant publiquement : « Nous avons décidé de maintenir des moteurs diesel dans notre portefeuille et, dans certains cas, d'augmenter notre offre de motorisations ».
Quels modèles Stellantis retrouvent le diesel ? La liste complète
Le retour du diesel chez Stellantis se fait en deux vagues. Depuis décembre 2025, les ludospaces et monospaces ont été les premiers servis. Mais la vraie surprise concerne les berlines et compactes, annoncées pour 2026.
| Modèle | Moteur diesel | Puissance | Statut |
|---|---|---|---|
| Peugeot Rifter | 1.5 BlueHDi | 100 ch | ✅ Disponible |
| Citroën Berlingo | 1.5 BlueHDi | 100 ch | ✅ Disponible |
| Opel Combo | 1.5 BlueHDi | 100 ch | ✅ Disponible |
| Opel Vivaro | 2.2 BlueHDi | 140 ch | ✅ Disponible |
| Citroën Spacetourer | 2.2 BlueHDi | 140 ch | ✅ Disponible |
| Peugeot Traveller | 2.2 BlueHDi | 140 ch | ✅ Disponible |
| Opel Zafira | 2.2 BlueHDi | 140 ch | ✅ Disponible |
| Peugeot 308 | 1.5 BlueHDi | 130 ch (est.) | 🔜 Annoncé 2026 |
| Citroën C4 | 1.5 BlueHDi | 130 ch (est.) | 🔜 Annoncé 2026 |
| Opel Astra | 1.5 BlueHDi | 130 ch (est.) | 🔜 Annoncé 2026 |
| DS 4 | 1.5 BlueHDi | 130 ch (est.) | 🔜 Annoncé 2026 |
| DS 7 | 1.5 BlueHDi | 130 ch | ✅ Maintenu |
| Alfa Romeo Tonale | 1.6 diesel | 130 ch | ✅ Maintenu |
| Alfa Romeo Giulia | 2.2 diesel | 190 ch | ✅ Maintenu |
| Alfa Romeo Stelvio | 2.2 diesel | 210 ch | ✅ Maintenu |
Point important : les modèles compactes (308, C4, Astra, DS 4) ne figurent pas encore au configurateur officiel. Leur retour est confirmé par la direction de Stellantis mais les dates précises restent à venir.
Diesel vs électrique : le match des prix qui explique tout
L'un des arguments massue du retour du diesel, c'est le prix. L'écart avec les versions électriques est tout simplement abyssal sur certains modèles.
| Modèle | Prix diesel | Prix électrique | Écart |
|---|---|---|---|
| Opel Combo | 24 100 € | 37 000 € | + 12 900 € |
| Peugeot Rifter | ~25 000 € | ~38 000 € | + 13 000 € |
| Citroën Berlingo | ~24 500 € | ~37 500 € | + 13 000 € |
Pour une famille qui a besoin d'un véhicule spacieux et polyvalent, payer 13 000 € de plus pour une autonomie limitée (250-300 km en conditions réelles) n'a tout simplement pas de sens économique. Le diesel offre 800 à 1 000 km d'autonomie et un réseau de distribution omniprésent.
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Le diesel BlueHDi 1.5 : des problèmes de fiabilité à surveiller
Le retour du diesel chez Stellantis n'est pas sans zones d'ombre. Le moteur 1.5 BlueHDi, qui équipera la majorité des modèles, a connu des problèmes de fiabilité récurrents ces dernières années :
- Chaîne de distribution : usure prématurée signalée sur des véhicules avec moins de 100 000 km, nécessitant un remplacement coûteux (1 500 à 2 500 €)
- Système AdBlue : défaillances du réservoir et des injecteurs, provoquant des passages en mode dégradé
- Rappels massifs : près d'un million de véhicules rappelés en 2025 pour ce moteur
Stellantis assure travailler sur des corrections et pourrait même préparer un nouveau bloc pour répondre à la future norme Euro 7. Mais si vous achetez un modèle diesel Stellantis, vérifiez systématiquement que les rappels ont été effectués et privilégiez une garantie panne mécanique étendue.
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Ce que le retour du diesel change pour le marché français
En France, le diesel ne représente plus que 3 % des ventes de voitures neuves en janvier 2026. Un chiffre historiquement bas pour un pays qui était à 70 % de parts de marché diesel il y a à peine dix ans. Mais ce chiffre masque une réalité : l'offre a disparu avant la demande.
Beaucoup d'automobilistes, notamment les gros rouleurs (+ 20 000 km/an), les familles nombreuses et les professionnels, n'ont simplement plus trouvé de diesel au catalogue. Ils se sont reportés sur l'essence ou l'hybride, souvent à contrecœur.
Le retour du diesel chez Stellantis pourrait :
- Relancer la concurrence sur le segment des compactes et ludospaces
- Pousser Renault et Toyota à reconsidérer leur position (Renault a supprimé le dCi)
- Offrir une alternative crédible face aux prix élevés de l'électrique et de l'hybride rechargeable
- Compliquer l'atteinte des objectifs CO2 européens pour Stellantis, avec un risque d'amendes
Diesel en 2026 : pour qui est-ce encore un bon choix ?
Le diesel n'est pas mort, mais il n'est plus pour tout le monde. Voici un guide rapide pour savoir si cette motorisation vous correspond encore :
| Profil | Diesel recommandé ? | Pourquoi |
|---|---|---|
| Gros rouleur (+ 20 000 km/an) | ✅ Oui | Consommation réduite, autonomie élevée |
| Famille avec ludospace | ✅ Oui | Prix 13 000 € < électrique, polyvalence |
| Urbain (- 10 000 km/an) | ❌ Non | FAP, AdBlue, ZFE limitent l'usage |
| Habitant en ZFE | ⚠️ Attention | Restrictions Crit'Air 2 dès 2025 dans certaines villes |
| Budget serré, besoin d'espace | ✅ Oui | Meilleur rapport prix/prestations |
Attention aux ZFE : si vous habitez à Paris, Lyon, Marseille ou dans une autre zone à faibles émissions, un diesel neuf (Crit'Air 1) reste autorisé, mais les restrictions se durcissent progressivement. Renseignez-vous avant d'acheter.
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FAQ : le retour du diesel Stellantis en 5 questions
Quels modèles Stellantis retrouvent le diesel en 2026 ?
Les ludospaces (Peugeot Rifter, Citroën Berlingo, Opel Combo) sont déjà disponibles en diesel. Les Peugeot 308, Citroën C4, Opel Astra et DS 4 sont annoncés pour 2026 avec le moteur 1.5 BlueHDi 130 ch.
Quel est le prix d'un Stellantis diesel en 2026 ?
Les prix débutent à 24 100 € pour l'Opel Combo diesel, soit environ 13 000 € de moins que la version électrique équivalente. Les tarifs des berlines n'ont pas encore été communiqués.
Le moteur BlueHDi 1.5 est-il fiable ?
Ce moteur a connu des problèmes de chaîne de distribution et de système AdBlue, avec près d'un million de rappels en 2025. Stellantis travaille sur des corrections. Nous recommandons de souscrire une garantie panne mécanique étendue.
Peut-on encore acheter un diesel neuf en ZFE ?
Un diesel neuf obtient la vignette Crit'Air 1, autorisée dans toutes les ZFE actuellement. Attention : les restrictions pourraient se durcir d'ici 2030 dans certaines métropoles.
Pourquoi Stellantis relance le diesel alors que l'Europe veut l'interdire ?
L'électrique progresse moins vite que prévu (19,5 % en 2025) et la Commission européenne a assoupli les conditions d'interdiction en 2035. Stellantis veut répondre à la demande client tout en maintenant sa rentabilité.
Notre avis : un pragmatisme bienvenu, mais des questions en suspens
Le retour du diesel chez Stellantis est un signal fort envoyé au marché. Il reconnaît ce que beaucoup d'automobilistes pensent tout bas : la transition vers le tout-électrique va trop vite pour le portefeuille de la majorité des Français.
Pour les gros rouleurs et les familles, c'est une bonne nouvelle. Un Berlingo diesel à 24 500 € face à un Berlingo électrique à 37 500 €, le choix est vite fait pour qui roule 25 000 km par an. L'économie de carburant du diesel compense largement le surcoût du gazole par rapport à l'électricité.
Mais deux zones d'ombre persistent. D'abord, la fiabilité du 1.5 BlueHDi : tant que les problèmes de chaîne de distribution ne seront pas définitivement réglés, la confiance sera fragile. Ensuite, les objectifs CO2 européens : vendre plus de diesel risque de coûter cher en amendes à Stellantis si le groupe ne compense pas par des ventes électriques suffisantes.
Notre recommandation : si le diesel vous intéresse, attendez les retours sur les nouveaux millésimes 2026 et assurez-vous de bénéficier d'une garantie panne mécanique complète qui couvre moteur, turbo, injection et système antipollution. C'est la meilleure protection pour rouler l'esprit tranquille.











