L'administration Trump vient de frapper un grand coup dans le monde automobile : la suppression des crédits réglementaires liés au système start & stop aux États-Unis. Annoncée le 14 février 2026, cette décision soulève une question brûlante pour les automobilistes européens : l'Europe pourrait-elle à son tour abandonner ce système controversé ? Si le dispositif fait économiser jusqu'à 5 % de carburant en ville, il reste l'un des équipements les plus critiqués par les conducteurs. Décryptage complet d'une décision qui pourrait redessiner l'avenir de l'automobile thermique.
Ce que Trump a décidé : la fin du start & stop aux États-Unis
Le 12 février 2026, l'EPA (Environmental Protection Agency), l'agence américaine de protection de l'environnement, a officiellement supprimé les crédits d'impôt accordés aux constructeurs qui équipaient leurs véhicules du système start & stop. Concrètement, les constructeurs n'ont plus aucune incitation financière à installer ce dispositif.
Lee Zeldin, le chef de l'EPA nommé par Trump, n'a pas mâché ses mots : « Les constructeurs automobiles ne devraient pas être récompensés ou contraints d'adopter des technologies qui ne sont qu'un trophée de participation climatique sans avantage matériel. » Il a même qualifié le start & stop de fonction « presque universellement détestée ».
Cette décision ne s'est pas faite de manière isolée. Elle s'inscrit dans l'abrogation d'un texte fondateur : le « constat de mise en danger » (Endangerment Finding), adopté sous Barack Obama en 2009. Ce texte permettait à l'État fédéral de réglementer les gaz à effet de serre émis par les voitures, camions et centrales électriques. En le supprimant, Trump démantèle l'ensemble du cadre réglementaire environnemental américain.
Comment fonctionne le start & stop et pourquoi il agace
Le principe du start & stop est simple : le moteur se coupe automatiquement quand le véhicule est à l'arrêt (feu rouge, embouteillage, stationnement) et redémarre dès que le conducteur relâche la pédale de frein ou appuie sur l'embrayage.
| Avantages du start & stop | Inconvénients du start & stop |
|---|---|
| Économie de carburant jusqu'à 5 % en ville | Redémarrage parfois lent et saccadé |
| Réduction des émissions de CO2 à l'arrêt | Usure accélérée du démarreur et de la batterie |
| Moins de bruit en zone urbaine | Coût de remplacement batterie AGM plus élevé |
| Obligatoire pour respecter les normes Euro | Sensation d'inconfort pour de nombreux conducteurs |
| Réduit la pollution en zone urbaine | Climatisation et chauffage coupés à l'arrêt |
Le système équipe aujourd'hui environ deux tiers des véhicules américains et la quasi-totalité des voitures neuves vendues en Europe. Malgré ses bénéfices environnementaux, il reste l'une des fonctions les plus désactivées par les conducteurs, notamment les seniors qui trouvent les redémarrages intempestifs déstabilisants et inconfortables.
L'Europe va-t-elle suivre les États-Unis ?
La réponse courte : non, pas dans l'immédiat. Et voici pourquoi.
Contrairement aux États-Unis, l'Union européenne maintient fermement le cap sur la réduction des émissions de CO2. Même si les objectifs de 2035 concernant l'interdiction de vente de voitures thermiques neuves ont été légèrement assouplis, le cadre réglementaire européen reste incomparablement plus strict que celui des États-Unis post-Trump.
Le start & stop n'est pas formellement « obligatoire » en Europe au sens de la loi. Cependant, il est indispensable pour respecter les normes d'émissions Euro 6d et Euro 7. Sans ce système, les constructeurs ne pourraient tout simplement pas atteindre les seuils de CO2 imposés par Bruxelles. Le retirer reviendrait à augmenter les émissions moyennes des flottes, ce qui exposerait les constructeurs à de lourdes amendes.
| Critère | États-Unis (2026) | Europe (2026) |
|---|---|---|
| Obligation start & stop | Supprimée (plus de crédit) | Indirectement obligatoire (normes Euro) |
| Objectif CO2 véhicules neufs | Assoupli par Trump | 93,6 g/km en 2025, 0 g en 2035 |
| Direction politique | Déréglementation environnementale | Maintien de la transition écologique |
| Norme en vigueur | Plus de norme fédérale stricte | Euro 6d, Euro 7 dès 2026 |
Quelles conséquences pour les automobilistes français ?
Pour les conducteurs français, rien ne change à court terme. Le start & stop restera présent sur toutes les voitures neuves vendues en France pendant encore plusieurs années. Voici ce qu'il faut retenir :
- Votre voiture actuelle : si elle est équipée du start & stop, vous pouvez toujours le désactiver manuellement via le bouton dédié. Attention toutefois : sur certains modèles, il se réactive à chaque démarrage.
- Votre prochaine voiture : si vous achetez un véhicule thermique ou hybride neuf, il sera équipé du start & stop. C'est inévitable tant que les normes Euro sont en vigueur.
- Votre budget entretien : le start & stop sollicite davantage la batterie et le démarreur. Comptez 150 à 300 € pour une batterie AGM (contre 80-150 € pour une batterie classique) et un remplacement tous les 4-5 ans en moyenne.
Le start & stop est-il vraiment utile ? Les chiffres
Au-delà des opinions, que disent les données ? L'EPA elle-même avait estimé que le start & stop permet de réduire la consommation de carburant jusqu'à 5 % en conduite urbaine. En conditions réelles, le gain varie entre 3 % et 8 % selon le type de trajet.
Pour un automobiliste parcourant 15 000 km par an dont 60 % en ville, avec une consommation moyenne de 7 L/100 km :
| Scénario | Consommation annuelle | Économie avec start & stop | Gain financier (1,75 €/L) |
|---|---|---|---|
| Sans start & stop | 1 050 litres | — | — |
| Avec start & stop (gain 3 %) | 1 019 litres | 31 litres | 54 € / an |
| Avec start & stop (gain 5 %) | 998 litres | 52 litres | 91 € / an |
L'économie peut sembler modeste, mais multipliée par les millions de véhicules en circulation, l'impact sur les émissions totales est significatif. C'est précisément cet argument que l'Europe met en avant pour maintenir le dispositif.
L'avenir du start & stop : une disparition programmée
Paradoxalement, le start & stop est voué à disparaître naturellement, et ce même en Europe. La raison est simple : les voitures électriques et hybrides rechargeables n'en ont pas besoin. Le moteur électrique ne tourne pas au ralenti et ne produit aucune émission à l'arrêt.
Avec l'objectif européen de 100 % de ventes de voitures zéro émission d'ici 2035, le start & stop deviendra progressivement obsolète. Les constructeurs investissent déjà massivement dans l'électrification plutôt que dans l'amélioration des systèmes start & stop existants.
En attendant, les modèles hybrides légers (mild-hybrid 48V) représentent une évolution intéressante. Leur système intégré de démarrage par alterno-démarreur offre un redémarrage plus fluide et moins perceptible que le start & stop traditionnel. C'est une solution qui pourrait réconcilier les automobilistes avec cette technologie.
FAQ : vos questions sur le start & stop
Le start & stop abîme-t-il le moteur de ma voiture ?
Non, les moteurs modernes sont conçus pour supporter des dizaines de milliers de cycles d'arrêt-redémarrage. En revanche, la batterie et le démarreur sont davantage sollicités, ce qui peut entraîner un remplacement plus fréquent (tous les 4-5 ans pour la batterie AGM).
Peut-on désactiver définitivement le start & stop ?
La plupart des voitures disposent d'un bouton pour le désactiver temporairement. Pour une désactivation permanente, il existe des modules électroniques « start & stop eliminator » disponibles entre 30 et 80 €. Attention : cette modification peut affecter la garantie constructeur.
Le start & stop sera-t-il supprimé en France ?
Non, aucune mesure de suppression n'est prévue en France ni en Europe. Le système reste indirectement obligatoire pour respecter les normes d'émissions Euro 6d et Euro 7. Il disparaîtra naturellement avec la fin des moteurs thermiques.
Combien coûte l'entretien du start & stop ?
Le surcoût principal est la batterie AGM ou EFB, plus chère qu'une batterie classique (150-300 € contre 80-150 €). Le démarreur renforcé peut aussi nécessiter un remplacement anticipé. Comptez un surcoût d'entretien de 50 à 100 € par an en moyenne.
L'Europe pourrait-elle changer d'avis sous la pression américaine ?
C'est très peu probable. L'Union européenne et les États-Unis suivent des trajectoires opposées en matière de politique environnementale. Bruxelles a réaffirmé ses objectifs climatiques et les constructeurs européens ont investi des milliards dans l'électrification. Un retour en arrière serait économiquement et politiquement inconcevable.
Notre avis
La décision de Trump est cohérente avec sa politique de déréglementation massive, mais elle ne reflète pas la réalité du marché automobile mondial. Le start & stop n'est pas parfait, c'est vrai. Il agace, il sollicite la batterie et le démarreur, et l'économie de carburant reste modeste à l'échelle individuelle.
Mais en Europe, la question ne se pose même pas. Le système restera en place tant que des voitures thermiques seront vendues, parce que les normes Euro l'exigent indirectement. Et il disparaîtra de lui-même quand l'électrique aura définitivement pris le relais.
En attendant, si le start & stop vous irrite au quotidien, deux solutions : le bouton de désactivation sur votre tableau de bord, ou le passage à un modèle mild-hybrid 48V dont le redémarrage est nettement plus doux. La meilleure solution reste peut-être la plus simple : s'y habituer, car il n'est pas près de disparaître de nos routes françaises.
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